Trois dimensions de votre profil de risque

Essayons de cerner 3 composantes importantes du risque dans une planifications financières : la capacité, la tolérance et la connaissance.

Bien qu’il soit au cœur de la planification financière d’un individu, la notion de risque est difficile à mesurer et est multidimensionnelle. En fait, elle interpelle la personne dans sa totalité tant au niveau de ses expériences passées, sa situation présente que dans la symbolique de l’argent.

Précisons que l’on parle ici du risque associé aux fluctuations naturelles des marchés connus sous le nom de risques de volatilité. Ce risque se matérialise si l’on vend des titres dans des creux de marché.

 1- Seuil de résistance intrinsèque : capacité du risque

Dépend de plusieurs facteurs dont l’âge, de l’actif total (et de sa composition) relativement aux besoins, l’adaptabilité du client… Cette mesure se veut « objective » et constitue un apport essentiel du conseiller financier.

Quel est le niveau de perte que l’individu peut-il assumer sans mettre en péril de manière irrémédiable l’atteinte de ses objectifs financiers?

On tente de mesurer la contrainte maximale que peut supporter la structure (financière) du client sans en compromettre la sécurité. Par exemple, dans le cas des risques insupportables on contractera des assurances. De même, la stratégie de placement peut-être conçue en fonction d’un risque acceptable dans les circonstances particulières de la personne.

 2- Seuil de résistance personnel : tolérance au risque

C’est la composante psychologique du risque qui est plus une question de perception. C’est une dimension importante et le planificateur financier doit être bien outillé pour y faire face. Des questionnaires psychométriques basés sur des mises en situation peuvent s’avérer fort utiles.

En général, nous surestimons notre seuil de tolérance au risque. Le client est-il vraiment capable de tolérer les fluctuations de 20 % de ses avoirs ou encore de passer au travers d’une période de récession prolongée? En fait, deux personnes dans des situations objectivement identiques peuvent avoir des comportements très différents. À titre d’exemple, nous avons tous une tendance innée à rechercher des situations propres à générer des sensations fortes. 

 3- La connaissance réduit le risque

La connaissance et l’information tendent à diminuer tant le risque réel que le risque perçu, la peur et les comportements qui y sont généralement associés. [su_pullquote align= »right »]À priori, un sapeur pompier qui pénètre dans un édifice en flamme court beaucoup moins de risque qu’un individu non entraîné dans la même situation.[/su_pullquote] Pourtant, le niveau de danger est le même. La seule différence avec nous est que le pompier est entraîné à faire face à cette situation. En finance personnelle, nous faisons face à une problématique identique.

La plupart des questionnaires sur le profil ont seulement une ou 2 questions sur le degré de connaissance financière. C’est un aspect du risque qui a besoin d’être approfondi et mesuré de manière objective.

Intuitivement, on comprend qu’une personne qui comprend le fonctionnement des marchés sera, en théorie du moins, encline à avoir un pourcentage élevé d’actions dans son portefeuille. Cependant, les outils de mesure demeurent rudimentaires à ce chapitre. Par contre, on s’entend tous sur le rôle de pédagogue du planificateur financier en regard du risque.