Actif ou passif – un choix déterminant pour votre richesse

La publicité financière flatte votre égo

Connaître la différence entre la gestion active et la gestion passive de vos placements est une information capitale dans votre succès financier. Année après année, la gestion active ne livre pas ses promesses à cause des frais élevés de gestion. La publicité agressive des fonds communs de placement tente de nous convaincre du contraire, disons-le carrément en flattant notre égo comme dans la fable «Le renard et le corbeau».

Certes, il existe des gestionnaires d’exception. La probabilité de tomber sur le bon après 10 ans est de 1 % à 8 % (sauf les petites capitalisations à 22 %). Bien malin celui qui est capable de choisir le bon 10 ans d’avance. D’autant plus que le classement change continuellement.

Quoi retenir

  1. La gestion active vise à battre son indice de référence. Le portefeuille dévie de l’indice dans le but d’avoir du rendement additionnel.
  2. La gestion passive ou indicielle vise à être le marché. Le portefeuille copie l’indice.
  3. Les fonds communs de placement sont gérés activement
  4. La gestion active ne livre pas ses promesses à cause des frais trop élevés
  5. Sur une période de 10 ans, moins de 8% des fonds communs de placement surpassent leur indice
  6. Aujourd’hui, nous pouvons utiliser les fonds négociés en bourse indiciels pour avoir un grande diversification à un coût très faible.

Avons-nous atteint la limite du ridicule? Comme au casino, ce sont les gestionnaires qui bon an mal an récoltent les 2% à 3% en frais de gestion qui sont les véritables gagnants. Alors qu’il existe à peine 30 d’actions d’entreprises canadiennes susceptibles de faire partie d’un portefeuille canadien, on compte plusieurs centaines de fonds de placement dans cette catégorie.

Pour augmenter vos chances de succès, concentrez-vous sur ce que vous contrôlez: diversification appropriée, réduction des frais, rééquilibrage périodique, risque approprié à votre situation.

Cela signifie que non seulement vous obtenez un portefeuille mieux construit à un coût inférieur à celui d’un fonds traditionnel, mais vous êtes également susceptible de surpasser la plupart des fonds communs de placement à long terme. Toutes ces conditions se retrouvent dans votre politique de placement, un document clé qui guide vos choix de placement et qui est préparé par votre planificateur financier.

La gestion active: battre le marché

La gestion active a pour objectif de surpasser le marché de référence (appelé indice de référence ou « benchmark ») du portefeuille géré. Le gestionnaire, à l’aide de divers outils d’analyse, va sélectionner de manière discrétionnaire les produits, titres ou secteurs les plus susceptibles de croître plus vite que le marché.

Ce mode de gestion ne vise pas à reproduire la performance d’un marché de référence, mais à faire mieux que ce dernier. Dans le jargon, on dit que le gestionnaire veut ajouter «l’alpha» (rendements en plus du rendement indiciel). La quasi-totalité des fonds communs de placement (fonds mutuels) utilise la gestion active.

😡 Attention: votre relevé de placement contient une liste de titre sur plusieurs page. Il s’agit d’un fonds commun déguisé où vous investissez avec des centaines d’autres épargnants. Demandez si votre portefeuille des titres est vraiment personnalisé ?

La gestion indicielle: être le marché

À l’inverse, la gestion passive ou indicielle a pour objectif de répliquer fidèlement la performance d’un marché de référence (par exemple, un indice tel celui de la bourse canadienne [TSX], de la bourse américaine [SP500], des obligations…. ).

La méthode utilisée par le gestionnaire consiste généralement à répliquer en miniature un indice de référence. Par exemple, un fonds des grandes entreprises canadiennes sera constitué des 60 entreprises de l’indice TSX 60 dans les mêmes proportions, un fonds des grandes entreprises américaines et S&P 500…

Ce type de gestion nécessite nettement moins de travail de recherche pour le promoteur du fonds, elle est souvent partiellement automatisée. Les frais de la gestion passive sont nettement moins élevés (jusqu’à 10 fois moins) que ceux de la gestion active.

Le principal bénéfice de la percée de la gestion passive pour les investisseurs est la disponibilité des placements indiciels à très faible coût tels que les fonds négociés en bourse (FNB). Aujourd’hui, nous pouvons avoir un portefeuille de classe mondiale, bien diversifié et couvrant toutes les classes d’actifs (actions, immobiliers, obligations et liquidités) avec des frais microscopiques.


La gestion active ne livre pas toujours ses promesses

Des dizaines d’études indépendantes documentent les faibles chances de succès de la gestion active. Il est encore plus improbable de choisir à priori 10 ans à l’avance un gestionnaire qui surclassera son indice sur une longue période. Lisez le commentaire de Warren Buffet

Standard & Poor publie chaque année le rapport SPIVA Canada Scorecard Year End«Le tableau de bord SPIVA présente les rendements des fonds communs de placement  canadiens (existant au début et à la fin de la période) comparés à leurs indices de référence»

Notez que les rendements de fonds commun de placement sont après les frais annuels! Ces frais incluent le coût des services et des conseils qui vous ont permis d’acheter ces placements. À vous de décider si les frais justifient les services

Tableau SPIVA 2017
Tableau SPIVA 2017

Comment lire de tableau à titre d’exemple:

 ➡ Sur une période de 10 ans, 1,67% de Fonds communs de placement (FCP) qui pistent les actions américaines (US equities) ont battu leur indice comparatif. Autrement dit, vous avez 1,67 chance sur 100 d’avoir choisi les bons gestionnaires 10 ans auparavant.

 ➡ Sur une période de 5 ans, 18,31 % de fonds communs de placement qui pistent les actions canadiennes (Canadian equity) ont battu leur indice comparatif.

Notez qu’il s’agit pour le FCP de leurs rendements après les frais.

Faits saillants du tableau

👉🏾Le % du succès varie beaucoup sur les différentes périodes de 1 an, 3, 5, et 10 ans. Les périodes de moins de 5 ans ne sont pas représentatives.

👉🏾Plus la période est longue, plus le % de succès diminue à cause de l’effet cumulatif des frais

👉🏾Le % de succès varie beaucoup d’une catégorie à l’autre, passant de 0% pour la catégorie «Canadian dividend and income equity» à 22,41% pour celle des « Canadian small/midcap equity»

Deux question se posent: 

  • Auriez-vous été en mesure 10 ans avant de choisir le bon gestionnaire? La réponse est non.
  • Quels sont les services que vous avez obtenus en échange des frais de 2 à 3% ? Souvent, ce sont 7 questions pour préciser votre profil d’investisseur et un simple rééquilibrage de temps à autre.