Allocation des actifs : des pourcentages de quoi exactement?

Marteau et vis

Quand on a un marteau en main, on voit tous les problèmes des clous. En focalisant uniquement sur les actifs investissables et sans un bilan complet, les représentants en placement n’ont pas une connaissance profonde de la situation financière de leur client.

Un planificateur financier conseil donne une vision 360 de votre situation et une politique de placement adaptée à votre situation.

Points clés à retenir

➡La tolérance au risque mesurée par la répartition action/obligation des placements investissables est source d’incompréhension

➡L’allocation des actifs doit tenir compte de la situation complète du client et pas seulement de ses actifs investissables.

➡Un REER, un CELI et un compte imposable n’ont pas la même valeur.

➡Tenir compte des impôts latents est recommander par l’IQPF. Cela reflète le véritable pouvoir d’achat et peut conduire à une répartition plus appropriée des actifs.

Mise en situation

La répartition de votre portefeuille entre actions et obligations constitue la décision qui a le plus d’impacts sur les rendements et la volatilité à moyen terme. Cependant, la pratique consistant à traduire le risque d’investissement en un ratio actions/obligations est source de malentendus et d’incompréhensions.

Si je dis que j’ai 40 % d’actions, je décris le numérateur d’une fraction. Mais ce que je n’ai pas dit et souvent n’a pas décrit, c’est le dénominateur. Cela est dû en partie à l’impact des impôts sur les comptes à impôt différé, mais plus encore aux actifs et aux passifs qui ne figurent pas dans le relevé des comptes.

Cinq visions d’une même situation

Considérons un retraité de 60 ans célibataire qui a un compte de placement de 1 million de dollars avec 400 000 $ dans un FNB d’actions indiciel dans un compte imposable et 600 000 $ en obligations à court terme dans un REER. Son plan est d’utiliser seulement son REER et de laisser l’autre compte intact pour ses héritiers.

Quelle est sa répartition action/obligation de son patrimoine?

Cas 1 : Situation de référence

Écrit noir sur blanc dans son relevé de placement sa répartition actions/obligations est 40/60. Ce qui paraît raisonnable dans sa situation. Mais c’est une réponse de conseiller-robot.

Cas 2 : Impôts latents

Cependant en supposant un taux de 33 % d’imposition la valeur après impôts de son REER est de 400 000 $ en obligation. Il apparaît plus exact de dire que son allocation après impôt est de 50/50. Vu sous cet angle, son portefeuille peut sembler plus risqué et pourtant il s’agit du même portefeuille décrit dans le cas 1 : 40/60.

Cas 3 : Achat d’une rente viagère

Le client décide d’utiliser 400 000 $ de son portefeuille d’obligations pour acheter une rente viagère immédiate. Son prochain relevé de placement indiquera qu’il a un portefeuille de 600 000 $ avec 400 000 $ en action, mais maintenant avec 200 000 $ en obligations. Sa répartition semblera un peu plus agressive avec 67/33. En réalité, son risque d’investissement n’a pas bougé d’un poil. Son risque a même été réduit en transformant ses obligations en un flux de revenu garanti à long terme.

Cas 4 : Cas 3 après impôts latents

Après impôt, les 200 000 $ dans son REER valent seulement 134 000 $ pour un portefeuille total après impôt de 534 000 $ et une répartition actions/obligations qui semble très agressive à 75/35.

Cas 5 : Réduction de dette

La personne décide alors de retirer 150 000 $ du REER pour rembourser une hypothèque de 100 000 $ et payer 50 000 en impôts dus. Ainsi dans son prochain relevé son portefeuille sera de 450 000 $ toujours avec ses 400 000 $ en action et maintenant avec seulement 50 000 $ en obligation. Son relevé de placement montre comme un robot un portefeuille extrêmement agressif avec 90/10 et même encore plus agressif si l’on ajustait le REER après impôt. (Pour pallier le besoin de liquidités imprévu, le client a négocié une marge de crédit hypothécaire)

Récapitulons

Au travers de toutes ces situations, le client a maintenu la même exposition aux actions avec 400 000 $. Si le marché baissait de 50 % dans toutes les situations il verrait la même perte sur papier de 200 000 $. En dépit du fait que sa répartition action/obligation est décrite selon les diverses situations comme : 40/60, 50/50, 67/33, 75/25, and 90/10.

Si les circonstances décrites aux points 1 et 5 étaient pour deux personnes différentes, on pourrait être horrifié d’apprendre que la dernière prend beaucoup de risques avec 90 % en actions. Alors que la personne 1 possède seulement 40 % en action. Mais en creusant plus profondément, c’est qui n’est jamais le cas, on verrait que leur exposition au risque de volatilité est essentiellement la même.

Ces exemples démontrent que la valeur nette du ménage est plus important que le montant qui se trouve dans leur compte de placement. Les représentants l’oublient fréquemment parce que leur rémunération est en % des actifs investissables.

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Pour pousser la réflexion plus loin sur le concept des impôts latents, lire

En placement, est-ce que l’impôt est important ? La Cible le magazine officiel de l’IQPF, octobre 2018 par Denis Preston

Les impôts latents au bilan, une vision plus juste, La Cible le magazine officiel de l’IQPF, octobre 2018 par Daniel Laverdière

Comment tenir compte des impôts latents dans l’établissement des créances matrimoniales? La Cible le magazine officiel de l’IQPF, octobre 2018 par Caroline Marion